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vendredi 7 septembre 2012

INDUSTRIEL

Publié en juin 2012 par les éditions Mosquito dans un grand format cartonné en noir et blanc de 96 pages, Industriel est l'oeuvre de Danijel Zezelj. Tel Blood Song d'Eric Drooker, Zezelj nous livre une bande dessinée sans texte. La force et la puissance que dégagent ses cases sont, à mes yeux, dignes des plus grands spécialistes du noir et blanc, tel Guy Davis, Charles Vess, John Bolton et quelques autres. Traits fins ou épais, jeux d'ombres, perspectives, enchaînements, sensations de mouvements, descriptions fidèles d'un sentiment et j'en passe... Non seulement, Zezelj sait tout faire mais en plus il le fait avec panache !

L'histoire se scinde en deux parties :
- L'ouvrier d'un bateau s'intéresse à une passagère. Quand celle-ci quitte le navire, il descend en ville, tout comme elle. Tout va aller très vite... (Misère, lutte des classes, terrorisme, emprisonnement, folie, nombeux sont les thèmes abordés. Une baleine, un animal donc, plane tel un dieu au-dessus de la cité. L'image de l'homme qui la touche presque est d'une beauté magistrale -voir photo plus bas-.)
- Une femme travaille à la chaîne. Un soir, elle sort, va à un concert. La soirée se passera mal... (Routine, abus, idées noires, désirs de vengeance... Autant de sentiments transmis sans dialogues, sans mots, juste dans un enchaînement judicieux de cases on ne peut plus explicites.)
Pour chacune des histoires, le personnage central est une superbe ville futuriste totalement déshumanisée où les êtres vivants passent par la violence pour tenter de se faire une place au soleil ou pour se faire justice. La fin de l'album laisse entrevoir un moyen d'évasion, une porte de sortie vers un autre monde... A méditer et sans nul doute à se procurer !

Deux autres chroniques où officie Danijel Zezelj sont disponibles sur ce blog :
- Congo Bill
- La mort dans les yeux.
Hormis ces deux comic books que je conseille fortement, Danijel Zezelj a d'autres bande dessinées à son actif. Elles sont disponibles dans le catalogue des éditions Mosquito. Vous pouvez vous les procurer sur leur site (ici) ou en librairie :
- Invitation à la Danse ;
- Rêve de béton ;
- Rex ;
- Presque le paradis ;
- Le Rythme du coeur ;
- King of Necropolis ;
- Sex et Violence.
L'artiste, qui est d'origine Croate, vit aujourd'hui aux Etats-Unis à Brooklyn. Sachez qu'il sera sur Paris le 28 septembre durant le week-end de la BD croate à la Rotonde. Si vous admirez ce dessinateur ou si vous collectionnez ses oeuvres, n'hésitez pas à vous y rendre. Personnellement, j'envie déjà les chanceux...

Quelques images :







jeudi 15 mars 2012

JOURS TRANQUILLES A VENISE

Publié en avril 2012 par les éditions Mosquito dans un grand format cartonné en noir et blanc, cette bande dessinée de 74 pages toute droit venue d'Italie, est entièrement réalisée par Paolo Bacilieri.
L'artiste va vous dépeindre Venise d'une manière magistrale !
En voyant ses dessins des sites touristiques, vous aurez immanquablement envie d'y aller !
Vous aurez envie d'y aller mais pas d'y vivre !
En effet, l'auteur va vous montrer le côté moins glamour de la légendaire métropole italienne : C'est une ville polluée qui est condamnée à longue échéance à disparaître sous les eaux.



Histoire : Plusieurs jeunes désoeuvrés passent leurs journées à tenter de se procurer de l'argent en le volant ou en se prostituant afin de s'acheter leur drogue. Ils boivent et abusent également du sexe. Chacun d'eux déçoit les membres de leur famille respective. Ce qu'ils ne savent pas encore, c'est qu'ils vont vivre une sortie en mer mémorable...


Traduction : Silvina Pratt


Après La mort dans les yeux qui se déroule également à Venise, les éditions Mosquito nous amènent à nouveau dans cet endroit célèbre qui fait rêver les amoureux du monde entier.
Notez que Bacilieri clos son récit d'une manière surréaliste et que certaines scènes comprenant du sexe réservent Jours tranquilles à Venise à un public averti.

Si cette BD vous intéresse, vous pouvez la trouver chez votre libraire mais sachez qu'elle est également commandable sur le site des éditions Mosquito.


Quelques photos :




lundi 9 janvier 2012

DIGITUS DEI

Publié en janvier 2012 dans un grand format cartonné en noir et blanc par les éditions Mosquito, Digitus Dei est l'oeuvre du scénariste Michele Medda et du dessinateur Stefano Casini. Ce dernier fournit des planches de toute beauté et son style me rappelle parfois celui de l'excellent Rick Leonardi. Casini crée de superbes décors, place judicieusement ici et là des hachures, crée des sensations de mouvements et travaille les expressions de ses personnages. Toutes les qualités qu'il déploie donnent un rendu dynamique et cela tout au long des 48 pages qui composent cette bande dessinée. Casini est un virtuose du noir et blanc ! Il y aurait certainement eu un affaiblissement de la puissance de son trait si des couleurs avaient été rajouté.


Histoire : Le démon Bael est prisonnier en Enfer depuis des lustres. Heureusement pour lui, dans le monde des humains, quelqu'un accomplit le rituel qui mène à sa libération. Le suppôt de Satan malmène de façon sournoise et sinueuse chaque être susceptible de perdre son âme à son profit. Pendant ce temps, l'église fait appel au prêtre nommé Sertori pour s'en débarrasser. Ce dernier avait été révoqué mais il accepte tout de même la mission qui lui ait confiée.


A la fois classique et diablement efficace, Digitus Dei vous plonge dans l'univers de l'exorcisme. Le scénario de Medda est bien amené, Casini fait des merveilles avec ses crayons et Bael est charismatique à souhait. Dans la mesure où le thème vous intéresse, vous passerez, je n'en doute pas, un moment de lecture agréable. Je conseille !


Je vous laisse admirer les cases produites par l'artiste :





jeudi 22 décembre 2011

LA MORT DANS LES YEUX

Publié en février 2004 dans un grand format cartonné en noir et blanc par les éditions Mosquito, cette bande dessinée provient du catalogue de DC, plus exactement de son label Vertigo. Daniel Zezelj réalise cette fois ce comic book en compagnie du scénariste Darko Macan.


Synopsis : 1920. Dans une Italie qui connaît les débuts du fascisme, Stefan Wasserman rencontre un couple dans un train. Ces derniers se rendent à Venise. Stefan trouble la tranquilité d'esprit de la femme et récolte une gifle du mari en retour. Plus tard, il suit un autre couple d'un genre plutôt... particulier. Wasserman marquera à jamais ces 4 personnes !
Qui est-il vraiment ? Oui, qui est celui que l'on surnomme "l'homme en blanc" ? Que cherche vraiment Stefan (dont les yeux sont en permanence cachés derrière des lunettes noires) ?



Traduction : Rodolphe Périssinotto


La mort dans les yeux est un "spin off" de la série Sandman de Neil Gaiman. Impossible d'en dire plus sans "spoiler" mais sachez que l'on entre indirectement dans l'univers du "marchand de sables". Par ailleurs, on a même droit à un personnage qui se nomme Constantine, mais, je ne sais pas si c'est un ancêtre du célèbre "Hellblazer" ou si c'est juste un clin d'oeil.
L'histoire est intéressante. Elle nous plonge dans un univers glauque, ce qui est assez paradoxale quand on sait que le récit se déroule à Venise, une ville étant également surnommée "le pays des amoureux". Sombre, parfois violent, contenant des protagonistes torturés, La mort dans les yeux est un comic book plaisant réservé à un public de connaisseurs qui saura apprécier à la fois l'univers de Sandman et le trait magique et sublime de Zezelj !


Deux images particulièrement belles :


mercredi 21 décembre 2011

LA CITE DES SECRETS

Tome 1 : L'ARBRE DES AMES


Après l'excellent Congo Bill, nous poursuivons notre introspection dans le catalogue de l'éditeur français nommé Mosquito.
Publié en janvier 2007 dans un grand format cartonné en couleurs, vous avez là le premier volume d'une série réalisée par l'anglais James McKay.



Synopsis :
Dans une contrée rocailleuse et désertique, un groupe, composé de plusieurs hommes et d'une femme, tentent d'échapper à des cannibales. Le plus âgé d'entre eux, celui que les autres appellent grand-père, meurt. Les autres doivent poursuivre leur fuite effrénée vers l'inconnu s'ils veulent survivre. Après avoir abandonner son corps, ils tentent de parvenir à une cité remplie de toutes sortes de richesses, richesses sous forme d'abondance de nourriture ou encore sous forme de profusion d'or selon les dires du défunt vieillard. Ce à quoi ils ne s'attendent pas, c'est que leur quête pourrait bien se révéler périlleuse en progressant... voire plus dangereuse que de revenir sur leur pas....



L'arbre des âmes est assez surprenant au premier abord car il entre directement dans le vif du sujet. Si vous êtes éventuellement pris de court, n'hésitez pas à revenir en arrière car, quand vous accrocherez, vous décrocherez difficilement ! Certains pans de l'histoire sauront d'ailleurs vous prendre à rebours. Si vous vous penchez sur cette série, vous plongerez à cours sûr dans un monde où l'aventure se mèle parfois au cauchemardesque, voire limite à la prémonition...
Cette bande dessinée vous scotchera à votre siège pour vous en décoller seulement quand vous aurez fini de la lire ! En tout cas, ce fut mon cas !
Ecologie, réflexions sur le futur, comportement de l'homme et j'en passe surement, les thèmes ne manquent pas pour que McKay vous embringue dans son monde extravagant.
Comment décrire le travail de cet artiste polyvalent en un seul mot ? Passionnant !



Je glisse quelques photos :



mardi 20 décembre 2011

CONGO BILL

Publié en novembre 2000 dans un format normal en noir et blanc par les éditions Mosquito, Congo Bill est issu du catalogue de DC. En effet, ce comic book de 87 pages provient du désormais célèbre label Vertigo. Le scénario est de Scott Cunningham. La partie graphique est prise en charge par Danijel Zezelj. Ce n'est pas la première collaboration du duo. Ils ont déjà réalisé ensemble Invitation à la danse ainsi que Rêve de béton. Zezelj nous offre un découpage audacieux tout en jouant magistralement avec le noir et blanc. Il donne sans conteste une élégante puissance aux dialogues ciselés de Cunningham !


Synopsis :
Nous sommes sous l'ère Clinton.
Cent huit soldats hutus ont été décapités. Les têtes ont chacune eut droit à un bambou sur lequel elles étaient empalées. Vu du ciel, grâce à un satellite, on lisait Devilin !
L'américain Devilin DuPaul constitue alors une équipe pour mener une opération militaire au Congo, près de Kinshasa, afin d'élucider ce mystère. Ses membres sont composés de Toni Lin, de Thomas Glass et d'un soldat. Hormis leur chef, le balafré du nom de DuPaul, les autres ne savent pas en quoi consiste leur mission. Leur guide se nomme Tshimumba. Qu'est-ce qui les attend sur place ?


La phrase qui m'a plut :
Le héros est en Afrique à Kinshasa. Il aperçoit un jeune avec une béquille et une jambe en moins. Il dit :
"- Putain, sans je ne sais quel aïeul, ramené les fers aux pieds vers la belle Amérique, je serais peut-être ce pauvre gars aujourd'hui"

La phrase qui tue :
"Chez vous, ils ont trouvé un mot pour sa politique : Kleptocratie. Prendre à beaucoup et redonner à très peu."


Traduction : Rodolphe Périssinotto


La narration est faîte par Thomas Glass. Ce récit complet se composera entre autres d'actions et de réflexions politiques mettant en valeur les leçons du passé et donc l'Histoire. Cette bande dessinée est une oeuvre engagée qui mérite largement sa place dans le label Vertigo ! Jamais réédité à l'heure actuelle, Congo Bill est une petite merveille que vous pouvez commander sur le site des éditions Mosquito. Je vous conseille fortement ce titre !


Quelques images :